J'attends !

SALMON Julie Voir la page de SALMON Julie


« J’attends » est une œuvre de taille moyenne représentant un loup noir de trois-quarts face. Debout sur ses quatre pattes, il est tourné vers la droite, et ses petits yeux orangés sont fixés vers un point inconnu de ce côté. Impossible de savoir ce qu’il regarde, seul le titre de l’œuvre nous dit qu’il attend quelque chose. Les petites touches et taches blanches sur son corps et ses pattes donnent l’impression qu’il neige là où il se trouve, et ses pattes s’enfoncent d’ailleurs légèrement dans le sol immaculé.

Le loup est un animal omniprésent dans la culture européenne, du symbole de fertilité qu’est la louve de Rome à celui de férocité et de cruauté qu’est la Bête du Gévaudan. Ici, il n’est le symbole de rien, sinon de lui-même dans l’attente. Sa fourrure noire contraste fortement avec l’arrière plan blanc et rend sa présence dans l’image percutante. Le loup noir n’est pas une espèce en soi, mais en réalité un loup gris atteint de mélanisme : sa rareté lui confère davantage d’aura dans cette œuvre.

Julie Salmon représente un animal exceptionnel et majestueux grâce à la peinture à l’encaustique, une technique qui utilise la cire pour mélanger les pigments et protéger le résultat obtenu. L’artiste rend également hommage à un animal souvent mal aimé par la population mais qui est aujourd’hui protégé et fait l’objet d’entreprises de réintroduction dans son milieu naturel.

ENG : A black wolf is standing in a white, presumably snowy environment. Its dark coat contrasts with the brightness of the background. Its piercing orange eyes are fixed on an unknown point on its right. The artist has used the encaustic painting to pay a tribute to an animal which has long been an outcast. Here, its beauty in the wild is unquestionable.

DimensionsH70 x L40

Biographie



Julie SALMON a grandi à Budapest, où à priori rien ne la prédestinait à la rencontre avec les animaux. À trois ans, un « exil » d'une année (pour cause d'épidémie) la plonge au cœur du monde rural, au contact étroit des habitants de l'étable : veau, vache, cochons, cheval, poules, chiens et chats. Elle passe les jours d'hiver dans la chaleur de l'étable, dans la mangeoire commune, avec interdiction formelle de quitter ce perchoir à cause du risque d'être piétinée.

Elle connait par cœur l'épi du front de la vache, ses grands cils, ses oreilles mobiles, sa langue râpeuse, son haleine de foin, le doux museau velouté du cheval, l'odeur et le contact délicat des porcelets nouveau nés qu'on lui pose dans les bras comme des poupées. De retour à la capitale les visites du jardin Zoologique prennent le relais

Depuis l'âge de cinq ans elle dessine. Le second exil, le plus déterminant, la conduit en France à dix ans. Les Beaux Arts lui sont interdits, vocation contrariée car « non sérieuse » et elle devient médecin. « Tu verras après.... » Elle exerce l'anesthésie pendant ... toute une vie.

Durant sa pratique hospitalière l'illustration médicale fournit la solution de remplacement : films d'animation et manuels d'anesthésie loco-régionale portent sa griffe. Pour échapper au carcan de l'illustration elle se tourne vers le dessin du nu, (« anatomie du corps humain ») d'après modèle vivant, à l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg, en auditrice libre. Lors d'un séjour de deux années au Québec, Lorraine Bénic l'initie à la gravure en creux dans son atelier de l'UQUAM.

De ses fréquents voyages en Afrique de l'ouest et au Kenya elle rapporte une moisson d'images qui la hantent : l'Afrique, ses gens, ses animaux. Ils seront ses sources : croquis et photos dormiront jusqu'à la retraite.

Fin 2009 elle prend sa retraite et se consacre entièrement au dessin à la peinture et à la gravure (taille douce et gravure en relief).
Nus et portraits d'après modèle vivant sont ses « gammes », les animaux ses travaux aboutis.

Sa première exposition a eu lieu en octobre 2011 à l'IRCAD à Strasbourg (Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil Digestif), devant l'équipe qui l'a connue comme médecin anesthésiste.