Bison américain avec des idées de printemps

SALMON Julie Voir la page de SALMON Julie


« Bison américain avec des idées de printemps » est une toile aux dimensions particulièrement imposantes : 1 mètre 80 de hauteur sur 2 mètres 20 de largeur. Elle représente un bison d’Amérique, animal tout aussi imposant puisqu’il peut mesurer jusqu’à deux mètres de haut et trois mètres de long à l’âge adulte. La taille de la toile est donc proportionnelle à celle de l’animal, et le portrait est quasiment grandeur nature.

Le bison est debout sur ses quatre pattes dans des pâturages simplement esquissés par un peu d’herbe, la tête tournée vers nous, le regard fixe. Deux cornes de couleur claire ornent sa tête et sa queue est dressée. Mais l’élément le plus impressionnant est son pelage. L’avant de son corps, de sa tête à ses pattes avant, est d’une teinte brun foncé, quand en revanche tout le reste de son corps est couvert de poils plus châtains, parfois presque blonds. Certaines touches dorées dans son pelage ajoutent d’ailleurs à sa majesté. Nous assistons en fait à la disparition de sa robe d’hiver, aux poils longs et foncés, et la venue de sa robe d’été, aux poils courts et clairs. Il s’agit d’un moment de transition dans l’état physique de l’animal, ce qui explique les « idées de printemps » du titre.

Julie Salmon représente ici l’animal le plus emblématique de l’Amérique. Arrivé bien avant l’être humain sur le continent, il devient ensuite un animal central dans la culture amérindienne. Au XIXe siècle, la chasse intensive fait presque disparaitre l’espèce. Aujourd’hui réintroduit, sa population reste fragile bien qu’il soit devenu l’emblème des États-Unis aux côtés du Pygargue à tête blanche.

ENG : This imposing piece of art represents an American bison, the emblematic animal of the continent and more particularly of the United States. Its winter coat is disappearing, giving way to the summer coat, shorter and lighter, with golden touches. Winter is giving way to spring under the viewer’s eyes, a great show of nature.

DimensionsH180 x L220 cm

Biographie



Julie SALMON a grandi à Budapest, où à priori rien ne la prédestinait à la rencontre avec les animaux. À trois ans, un « exil » d'une année (pour cause d'épidémie) la plonge au cœur du monde rural, au contact étroit des habitants de l'étable : veau, vache, cochons, cheval, poules, chiens et chats. Elle passe les jours d'hiver dans la chaleur de l'étable, dans la mangeoire commune, avec interdiction formelle de quitter ce perchoir à cause du risque d'être piétinée.

Elle connait par cœur l'épi du front de la vache, ses grands cils, ses oreilles mobiles, sa langue râpeuse, son haleine de foin, le doux museau velouté du cheval, l'odeur et le contact délicat des porcelets nouveau nés qu'on lui pose dans les bras comme des poupées. De retour à la capitale les visites du jardin Zoologique prennent le relais

Depuis l'âge de cinq ans elle dessine. Le second exil, le plus déterminant, la conduit en France à dix ans. Les Beaux Arts lui sont interdits, vocation contrariée car « non sérieuse » et elle devient médecin. « Tu verras après.... » Elle exerce l'anesthésie pendant ... toute une vie.

Durant sa pratique hospitalière l'illustration médicale fournit la solution de remplacement : films d'animation et manuels d'anesthésie loco-régionale portent sa griffe. Pour échapper au carcan de l'illustration elle se tourne vers le dessin du nu, (« anatomie du corps humain ») d'après modèle vivant, à l'École des Arts Décoratifs de Strasbourg, en auditrice libre. Lors d'un séjour de deux années au Québec, Lorraine Bénic l'initie à la gravure en creux dans son atelier de l'UQUAM.

De ses fréquents voyages en Afrique de l'ouest et au Kenya elle rapporte une moisson d'images qui la hantent : l'Afrique, ses gens, ses animaux. Ils seront ses sources : croquis et photos dormiront jusqu'à la retraite.

Fin 2009 elle prend sa retraite et se consacre entièrement au dessin à la peinture et à la gravure (taille douce et gravure en relief).
Nus et portraits d'après modèle vivant sont ses « gammes », les animaux ses travaux aboutis.

Sa première exposition a eu lieu en octobre 2011 à l'IRCAD à Strasbourg (Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil Digestif), devant l'équipe qui l'a connue comme médecin anesthésiste.